changer de maison

Remède n° 9

Je déménage

Attention, il ne s’agit pas de passer à l’acte et de prendre la résolution au pied de la lettre ! Simplement, il y a des jours, comme ça, où tout paraît gris, morne et répétitif. Au lieu de ruminer et de tourner en rond en examinant toutes les raisons qu’on a d’être mal dans sa tête et dans sa vie — Dieu sait s’il y en a ! — pourquoi ne pas profiter du spleen pour faire des projets ?

Si les projets professionnels et amoureux en sont au point mort, s’ils sont amorcés mais pas encore aboutis parce que ça prend du temps, il y en a un, tout bête, qui consiste à décréter qu’on va changer de décor. Rompre avec des habitudes de vie nocives.

Chercher une maison ou un appartement est une activité extrêmement prenante. Ça peut commencer tôt le matin par la lecture des petites annonces. Ça peut continuer pendant la journée par des coups de fil aux agences. Et ça peut distraire, le soir après le boulot, avec la visite des lieux. Au bout d’un mois de ce régime, vous serez exténuée, ronchon, pleine de hargne et acharnée. C’est alors que vous vous apercevrez que vous n’avez pas eu deux secondes pour flipper. Ou que vous trouverez votre home sweet home tellement accueillant en comparaison de tous les gourbis qu’on a osé vous vanter que vous éprouverez une satisfaction depuis longtemps oubliée. « Je change de vie, je déménage » peut aussi se décliner avec une copine. Un autre cœur solitaire. A deux, on peut chercher plus grand parce qu’on a plus de sous. L’étape cohabitation rompra (provisoirement sûrement car, à part en politique, ce genre de situations se termine toujours mal) le monologue stérile de la remise en question, inévitablement lié au coup de bourdon.

Mais le régime de forçat de la pêche à l’appartement miracle n’est pas obligatoire. Tout est affaire de tempérament. Le remède peut être très efficace en une journée seulement. Il suffit alors de décider. Puis de prendre une feuille de papier et de noter ce que l’on cherche, à quel endroit, et combien on peut investir. Deuxième opération : organiser le déménagement. Dresser la liste de ce qu’on va garder, jeter et acheter. Repérer les déménageurs les plus efficaces et les moins chers. Téléphoner aux gens que l’on connaît pour les mettre sur la piste : « Je voudrais déménager, si tu entends parler de quelque chose… » Ça peut faire quelques coups de fil non éplorés, avec un prétexte qui tient parfaitement la route. Laissez planer le doute si vos interlocuteurs supposent tout de suite que vous avez rencontré quelqu’un, et éludez habilement la question pour ne pas retomber à la case départ : « J’en ai marre d’être toute seule, qu’est-ce que je pourrais bien faire pour changer de vie ? »

Autre possibilité : l’appartement qui se libère. Le genre de petits miracles qui se produisent de temps en temps. Qui se libère, et dont on vous parle. Et qui est à votre portée. Pas d’hésitation : saisissez. Vous êtes bien placée pour savoir que les coups de bol sont extrêmement rares et qu’il ne faut jamais les laisser passer.

Pour une fois, la concrétisation de l’objectif importe peu ou reste secondaire. Ce qui compte, c’est la décision. Elle sera bénéfique avant le passage à l’acte. Parce qu’une décision, c’est positif. C’est un désir de changement. Vers un mieux, bien entendu.